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mise à jour
le 2 février 2015

Le Monde de l'Art et des Lettres
Peintures

L’œuvre de Pierre le Grand


honorée par deux colloques universitaires,

Mars 2013 à Paris





En 2013, la Russie commémore le quatre centième anniversaire de l’accession de la dynastie au trône, par l’élection de Michel 1er Fédorovitch Romanov (1596+ 1645) tsar de Russie élu le 21 février 1613 par le Zemski sobor (assemblée représentative). Ainsi devint-il le fondateur de la dynastie des Romanov qui donna 17 souverains (sans compter deux régents) à la Russie.

En 1682, son petit-fils, Pierre 1er, dit Le Grand, devenu tsar, avant d’être gratifié du titre d’empereur en 1721, allait transformer la Russie archaïque en l’intégrant dans le concert des nations européennes, en transportant sa capitale de Moscou à Saint-Pétersbourg. Pendant tout son règne, il enchaîna les réformes, dans tous les domaines, ouvrant la Russie à la modernité. C’est pour lui rendre hommage que deux colloques universitaires lui ont été consacrés à Paris grâce au soutien de plusieurs organismes prestigieux français et russes :
 Agence Nationale de la Recherche, Fondation Singer-Polignac, Centre Roland Mousnier de l’Université Paris-Sorbonne/CNRS, Institut Pierre le Grand (Saint-Pétersbourg), LABEX TransfertS ENS/CNRS/Collège de France, Centre Identités/Cultures/Territoires EA337 de l’Université Paris-Diderot, Musée d’Etat de l’Hermitage (Saint-Pétersbourg), Centre Maurice Halbwachs CNRS/ENS/EHESS, Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme.

Intitulé « Pierre le Grand et l’Europe intellectuelle : Contextes, réseaux, circulations, réalisations », le premier, organisé par Dmitri Gouzévitch (CERCEC/EHESS), Irina Gouzévitch (CMH/EHESS) et Francine-Dominique Liechtenhan (Centre Roland Mousnier, Université Paris-Sorbonne, CNRS) s’est tenu les jeudi 28 et vendredi 29 mars à la Fondation Singer Polignac, 43 avenue Georges Mandel, dans le XVIe arrondissement.

Ouvert par Madame Carrère d’Encause, secrétaire perpétuel de l’Académie française, et par l’allocution de Madame Alla Manilova, vice-ministre de la Culture en Russie, il a réuni d’éminents spécialistes internationaux ayant étudié les voyages de Pierre le Grand en Europe, ses rapports avec des scientifiques, des architectes, l’influence de l’Europe sur la modernisation de la Russie pétrovienne.

Ces deux journées ont été suivis, le 30 mars, par une deuxième rencontre, « Pierre 1er et la culture européenne : circulations, transferts, métissages », organisée par Dmitri Gouzévitch, Irina Gouzévitch, Francine-Dominique Liechtenhan et Liliane Hilaire-Perez et accueillie cette fois-ci par le Centre Identité-Cultures-Territoires EA337, de l’Université Paris-Diderot.

Ouvert par Monsieur Georges Vilinbakhov, directeur adjoint du Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, et par Mesdames Sylvie Archaimbault et Liliane Hilaire-Perez, représentantes de l’Université Paris-Diderot, ce second colloque a privilégié les thèmes culturels et sociétaux : la langue, les traductions, la littérature, les livres et la circulation des savoirs, les arts et les sciences de l’Europe dans la bibliothèque de Pierre le Grand, les arts graphiques, l’architecture, le théâtre, la décoration d’intérieur.

S’organisant autour de ces axes de réflexion, le colloque a permis de mieux comprendre les interférences majeures entre les arts de l’Europe occidentale et la Russie impériale de Pierre le Grand qui voulant connaître l’Europe dont il avait entendu parler dans sa jeunesse par ses compagnons du « quartier étranger », avait entrepris en 1697 et 1698, une visite en Europe avec la « Grande Ambassade ». Cette date marqua dès lors, une ligne de partage définitive entre la Russie ancienne et la Russie moderne.


Si, depuis le milieu du XVIIe siècle, une lente occidentalisation se faisait timidement jour, Pierre le Grand l’imposa à marche forcée à tout le pays par une série de réformes radicales de l’armée, de l’Etat et de la société. Le patriarcat lui-même, dont le trône était resté vacant depuis la mort du patriarche Adrien en 1700, fut supprimé en 1721 et remplacé par un Saint-Synode, placé sous le contrôle de l’Etat. Enfin, en 1703, la fondation de Saint-Pétersbourg sur la Baltique, ouvrit « une porte-fenêtre sur l’Europe, avant de devenir sa capitale en 1712, scellant ainsi une nouvelle orientation de la Russie vers l’Europe. Dans la nouvelle ville, l’influence se traduisit tout d’abord sur l’architecture, les églises à coupoles étant remplacées par des modèles occidentaux avec clocher en forme de flèches. Pour réaliser ses desseins, le tsar fit appel à des architectes et à des artistes venus de toute l’Europe, sauf des pays ibériques. Les formes de l’art baroque de l’Europe du nord se développèrent alors à Saint-Pétersbourg puis dans tout l’empire.   La Russie moderne était en train de naître.

C’est ce que démontrent ces deux colloques.
 
Jean-Bernard Cahours d’Aspry Jean-Bernard Cahours d’Aspry



En pratique :
 
Information sur le premier colloque avec l’enregistrement video des interventions :
vidéo enregistrée à la Fondation Singer-Polignac
Information sur les deux colloques avec les textes des contributions en version franco-russe :
http://transfers.ens.fr/index.php/fr/colloques/327-pierre-le-grand-et-leurope-intellectuelle



 
JBCH